Le burn out
Retour d'expérience par Me Charlie FRANÇOIS
Les éléments que j’aborde dans cet article sont des constats liés à ma pratique professionnelle en tant qu’avocat en droit du travail.
Ils ne prétendent pas à l’exhaustivité ni à une généralisation.
Le burn-out est un épuisement professionnel, un état dans lequel le salarié est arrivé au bout de ses limites physiques ou psychiques. Le salarié n’est plus en mesure d’assurer ses missions, non par manque de compétence ou de motivation mais parce qu’il a atteint la saturation, il est allé au maximum de ses capacités et son corps ou son esprit « craque » pour tout stopper.
Il ne s’agit pas d’une appréhension liée à un événement à venir ou à une mission à réaliser mais d’une détresse plus globale.
Il ne s’agit pas non plus d’un simple « stress » qu’on qualifie souvent « d’acceptable » dans un contexte professionnel.
Le burn out dépasse ce stade et correspond à une phase supérieure lorsque ce stress ponctuel se transforme en une angoisse permanente.
Bien évidemment, avant d’atteindre cet épuisement, le salarié se retrouve souvent « au bord du burn-out », sur une corde raide et peut frôler à plusieurs reprises l’état où il craque.
Les symptômes courants :
Les symptômes sont variables selon les personnes mais présentent de nombreux points communs.
Parmi les plus courants, dans ma pratique d’avocat en droit social, les clients me rapportent régulièrement :
- une fatigue chronique,
- une perturbation du sommeil (insomnie, cauchemars, voire terreurs nocturnes),
- Une incapacité à se concentrer,
- Une procrastination importante, par exemple une accumulation de mails avec la difficulté à les traiter, voire même à les ouvrir,
- Une boule au ventre constante, des maux de ventre, des maux de tête, de dos,…
- Des douleurs articulaires,
- Etc.
Bien souvent, ces symptômes s’accompagnent d’autres signaux d’alerte propres à la situation professionnelle du salarié concerné :
Il n’est pas rare qu’un client indique ne plus supporter le simple fait de voir ou d’entendre un nom, cela peut se manifester par une angoisse à la vue du logo ou du nom de l’entreprise, à la lecture ou à l’écoute du prénom d’un supérieur ou d’un collègue, une réaction à un bruit…- Des angoisses à la réception d’un appel téléphonique ou d’un message,
- À l’idée même d’avoir à travailler sur un projet. Un client m’a expliqué paniquer à la vue d’un simple tableau Excel.
Bien souvent, ces signes s’accroissent au fil du temps.
Le salarié exposé va parfois prendre des congés payés pour prendre une pause et tenter de trouver un apaisement souvent de courte durée.
Les angoisses reviennent généralement dès la reprise des fonctions et le salarié arrive peu à peu à saturation jusqu’à être dans l’incapacité physique et/ou psychique de se rendre sur son lieu de travail.
J’entends très régulièrement des salariés m’expliquer qu’ils ont fini par avoir un blocage et à se retrouver dans l’incapacité complète de se lever pour aller travailler.
À ce stade le surmenage est parfois tel que le salarié a atteint un point de non retour.
L’employé n’a alors d’autre alternative que de consulter son médecin qui l’arrêtera généralement pour plusieurs semaines voire plusieurs mois.
La encore, bien souvent les salariés estiment qu’après un repos ils seront dans la capacité de reprendre leur poste, mais lorsque le seuil de tolérance a été franchi, cette reprise devient impossible et l’arrêt se prolonge jusqu’à la rupture du contrat de travail.
Au-delà de la relation de travail, cet épuisement est souvent tel qu’il impacte toute la vie du salarié y compris dans sa sphère privée.
Dans les cas les plus graves, ce surmenage peut entraîner une aphasie générale avec une impossibilité d’assurer jusqu’aux tâches les plus banales du quotidien. Le salarié peut subir une incapacité totale à reprendre un emploi pendant parfois plusieurs mois voire plusieurs années.
Il est donc utile de prendre les premiers symptômes avec sérieux pour limiter les conséquences.
Cette situation n’est pas non plus bénéfique aux employeurs puisqu’ils se retrouvent avec un salarié absent, pour des arrêts à répétition qu’il est difficile à gérer et qui se terminent par une rupture potentiellement contestable et donc avec un risque prud’homal.
Les entreprises petites ou grandes ont donc un rôle prépondérant de prévention et de traitement des situations qui pourraient s’avérer problématiques.
Les causes fréquentes du burn out :
L’état d’épuisement que je décris peut avoir de nombreuses origines notamment organisationnelles ou humaines :
- un manque d’organisation dans l’entreprise
- Une surcharge de travail (manque de moyens matériel ou humain, tâches trop nombreuses ou trop variées, manque de formation, non respect des temps de pause ou de repos…)
- Des consignes inadaptées: insuffisamment précises ou au contraire des directives contradictoires
- « Mésentente » avec des collègues (qu’ils soient des supérieurs, de même échelon, mais aussi subordonnés)
- Management toxique
- …
Toutes ces difficultés ne sont pas à négliger pour l’employeur qui va perdre non seulement en efficacité mais prend également le risque d’engager sa responsabilité.
Si vous vous sentez concernés ou qu’un proche présente ses symptômes ou encore vous rapporte une situation similaire, il peut être nécessaire de consulter un professionnel de santé mais aussi un professionnel du droit.
Subir un burn out nécessite de traiter les symptômes par un accompagnement médical (médecin traitant, psychologue, psychiatre, médecine du travail, consultation spécialisées en santé au travail, …) mais également les causes pour éviter que la situation perdure et impacte votre vie professionnelle ou privée pendant plusieurs mois.
Sur le plan juridique des solutions existent pour mettre fin au surmenage ou au contrat de travail.
Pour tout renseignement complémentaire, contactez le cabinet.
Publication novembre 2025
Attention, des évolutions juridiques sont susceptibles d'intervenir postérieurement à la présente publication.
